02 mai 2009
Walt Disney recycle
Avec grande déception : Walt Disney fait de la récup
Pour faire suite à l'article : Les raisons d'une génération désenchantée
20 juillet 2008
EDVIGE : Big Brother à la française
Le Gouvernement a, sans débat public préalable, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, considérablement accru les capacités de fichage des Français. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).
Un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées. Ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les "suspects" (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à "l’ordre public".
Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …
La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois. Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.
Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.
Le gouvernement est passé outre les réserves émises par la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques. La CNIL a, dans un communiqué du 02 Juillet 2008, précisé sa position en émettant de nombreuses réserves, notamment sur la collecte d’informations relatives aux mineurs et l’absence de limite dans la durée de conservation de ces données, sur la possibilité de collecter des informations relatives aux origines ethniques, à la santé ou à la vie sexuelle des personnes sans réélle garanties concernant la collecte et l’absence d’une procédure formalisée de mise à jour et d’apurement du fichier.
C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :
- exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,
- sollicitent le soutien et la signature de toutes et de tous, des organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,
Signer en ligne : http://nonaedvige.ras.eu.org/
Complément d'informations : http://www.france.attac.org/spip.php?article8767#nb5
11 juillet 2008
Le vote au féminin
LE V♀TE AU FÉMININ
Considérer
la femme dans la société, c'est considérer ses droits. Depuis toujours "dominée"
par l'homme, du moins socialement, la femme n'a que récemment acquis son
indépendance et son autonomie juridique. Cette reconnaissance en tant qu'individu
autonome et éclairé, apte à s'exprimer, n'a été engagée qu'au moment où
l'homme, en sa qualité d'époux, de père, a daigné douloureusement affranchir la
femme de ses simples obligations ménagères. Quelle meilleure reconnaissance que
celle de la liberté d'expression, affranchie de la tutelle masculine, patriarcale,
maritale.
Conformément
à l'esprit de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, dans laquelle l'universalité des
droits s'arrêtait aux courbes du genre, le droit de vote des femmes ne fut
accordé qu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, après que ces dernières ont prouvé leurs capacités et pleinement
contribué à la survie d'une nation entière. Ce n'est que contraints et pressés
par une majorité de la population jusqu'alors aphone, que les hommes ont
redonné toute la dimension et la qualité du mot universel à notre Déclaration.
Cette
reconnaissance sociale et politique, longtemps revendiquée, quémandée,
légitimement désirée, ne s'est réalisée qu'après un long processus de débats
politiques unigenres. Au fil des années, et après une phase d'adaptation, la
citoyenne prit toute la dimension qui lui revenait en devenant, non plus une
frange instrumentalisée de l'électorat, mais une composante à part entière. Rapports
complexes entretenus entre ce droit et leur détentrice, le vote féminin a
évolué pour se hisser aujourd'hui comme enjeu électoral incontournable et
autonome.
Quand vote s'accorde
au féminin,
Car il n'y a pas eu d'électrices sans droit
de vote des femmes
1. Bref rappel historique français du
droit de vote des femmes
L'histoire du vote des femmes est une bataille qui a
commencé dès le XVIème siècle. Mais ce n'est qu'au XVIIIème siècle que le combat
s'est réellement engagé avec les premières passes d'armes de la célèbre Marie
Gouze, plus connue sous le nom d'Olympe de Gouges.
Née
en 1748, cette femme de lettres et politique s'est toute sa vie prononcée en
faveur des droits civils et politiques des femmes et pour l'abolition de
l'esclavage.
Défendant
ce qu'on appellerait anachroniquement aujourd'hui la parité, elle est célèbre surtout
pour avoir présenté à Marie-Antoinette en 1791 la célèbre déclaration des
droits de la femme et de la citoyenne. Elle déclara en introduction de sa
présentation à la reine : "la femme
a le droit de monter sur l'échafaud, elle devrait aussi avoir le droit de
monter à la tribune". Guillotinée, en 1793, pour avoir été reconnue
coupable de trahison, elle laissa cependant une marque révolutionnaire
indélébile dans la conscience collective de la société française en matière de reconnaissance
des droits civiques des femmes.
Ce
n'est qu'en 1876 que le flambeau fut significativement repris par la Fondation du premier
groupe suffragiste français : "le droit des femmes", mené par
Hubertine Auclert. En 1878, cette fondation organisa à Paris le Congrès
International sur les droits des femmes et lança un Journal intitulé "la Citoyenne" qui
connut un large succès. Ces initiatives marquèrent le début de débats acharnés.
C'est face à l'ampleur sociale et à la concrétisation des revendications que les entraves politiques ont commencé. Tout d'abord en 1903, un vote unanime du Parlement, rejette le projet de loi de Gautret accordant le droit de vote aux femmes majeures, célibataires, veuves ou divorcées, malgré l'influence grandissante et la pression du Conseil National des Femmes, autoconstitué par la Fondation.
Trois
ans plus tard, une seconde tentative soumise au Parlement par Paul Dussaussoy
prévoyait le droit de vote des femmes pour les élections municipales, les
conseils d'arrondissement et les conseils généraux. Le projet fut avorté, après
un débat passionné entre parlementaires.
En
1909, Jeanne Schmahl créait à Paris l'Union Française pour le Suffrage des
Femmes (UFSF), structurant un peu plus les groupes suffragistes féminins.
En
1919, avec plus de succès, un projet de loi fut soumis à la Chambre des Députés (actuelle
Assemblée Nationale) qui se prononça en faveur de droits politiques pour les
femmes, mais le Sénat refusa d'examiner le projet et celui-ci fut rejeté. Plusieurs
épisodes similaires (1925, 1927, 1932) placent la Chambre des Députés comme
défenderesse des droits civiques féminins, et notamment en 1936, quand, à
l'unanimité, la Chambre accorda le vote aux femmes, projet qui ne sera cependant jamais inscrit à
l'ordre du jour par le Sénat.
C'est
plus d'un siècle après les premières revendications d'Olympe de Gouges, un
certain 21 avril 1944, et sur promesse du Général de Gaulle, que le droit de
vote est finalement accordé aux femmes
par le Gouvernement provisoire de la République Française,
confirmé par l'ordonnance du 5 octobre de la même année. Ce nouveau droit civique
sera exercé un an plus tard, le 29 avril 1945 pour les élections municipales,
puis en octobre pour les élections à l'Assemblée constituante (actuelle AN).
2. Les électrices françaises et les
électrices internationales
L'octroi du droit de vote aux femmes françaises n'a été que tardivement reconnu comparativement à d'autres Etats. C'est en Nouvelle-Zélande que les premières électrices votèrent, en 1893. En Europe, c'est aux Finlandaises, à qui en 1906, leur fut reconnue cette qualité. Puis, vinrent l'URSS et certaines provinces canadiennes en 1918, les Etats-Unis d'Amérique l'année suivante, la Pologne en 1921, le Brésil et la Thaïlande en 1932, la Turquie en 1934, le Royaume-Uni en 1939. Ce n'est que cinquante-trois ans après la Nouvelle-Zélande, en 1944, que la France, Pays des Droits de l'Homme, reconnaît ce droit civique à ses concitoyennes.
Entre 1945 et 1948, la Hongrie, l'Indonésie, le Japon, l'Italie, Israël, l'Argentine, la Belgique reconnaissent également cette qualité aux femmes, puis la Syrie et le Pakistan en 1954, l'Espagne après la chute de Franco en 1975, et plus récemment les Emirats Arabes Unis, le Koweït et le Bhoutan.

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QUAND LE VOTE DEVIENT FÉMININ
Analyse quantitative
du suffrage féminin
La
part des femmes dans l'électorat français est une donnée fondamentale trop
souvent minorée par les politologues, faussant une analyse fiable des résultats
et évolutions électorales. Pour mieux appréhender le poids politique des femmes
et donc leur efficience électorale, une approche quantitative doit être
engagée.
La population française est passée de quarante huit millions en 1965 à plus de soixante deux en 2007. Les femmes légèrement plus nombreuses en France que les hommes représentent 51,5% de la population. Plusieurs raisons expliquent ce constat, notamment une espérance de vie à la naissance plus longue.
Cette
surreprésentation démographique se retrouve également dans la composition du
corps électoral français. En effet, le corps électoral féminin représentait en
2007 un peu plus de 52 % des électeurs, soit un peu moins de vingt-trois
millions cinq cent mille électrices, ce qui -quantitativement- correspond à
plus de deux millions de votes féminins de plus que les hommes. Il s'agit donc
d'un potentiel électoral féminin (des électrices inscrites sur les listes
électorales) supérieur de 9,5% à celui des hommes pour les dernières présidentielles.
Cependant, ces données ne permettent pas en l'état d'estimer leur poids électoral effectif. En effet, les inscrits correspondent au potentiel électoral, tandis que les votants représentent évidemment plus fidèlement le poids électoral féminin. Le nombre de votants est calculé en déduisant du nombre des inscrits les abstentionnistes, donc les inscrits non votants.

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Aux dernières élections présidentielles de 2007, le taux d'abstention des femmes a été légèrement plus important (17%) que celui des hommes (15,5%)..

Toutefois,
lorsque l''on observe le potentiel électoral féminin (donc les femmes inscrites)
et que l'on y intègre la variable "abstentionniste", il est possible
de définir la surreprésentation effective des femmes. Pour cela, il suffit de
déduire des inscrits les abstentionnistes par classes. Cette équation donne la
surreprésentation effective des votantes par rapport aux votants.
En
2007, le corps électoral féminin a perdu 31% de sa surreprésentation entre son
potentiel inscrit et ses votantes, ce qui correspond à une surreprésentation
effective de 7,8%.
En
résumé, pour les dernières élections présidentielles de 2007 :
44.472.363 inscrits sur les listes
électorales
dont
23.347.990 inscrites soit 52,5 % du corps
électoral
Potentiel
électoral initial = + 2.223.618 soit +
9,5 % par
rapport aux hommes
Abstention
féminine = 3.969.158 soit 17 % du corps électoral féminin inscrit
Effectivité
électorale = 19.378.832
votantes
+ 1.528.737 soit + 7,9 % par rapport aux hommes
(-31 %)
Donc,
en raison d'une abstention plus forte chez les femmes que chez les hommes, leur
surreprésentation a été réduite à plus 1.500.000, soit au final 7.8% de plus
que les hommes, avec donc une surreprésentation réduite de 31%.
Cette
analyse permet de mettre en avant le poids considérable de l'électorat féminin.
QUAND LE VOTE FÉMININ
S'EMANCIPE
Historique
sociologique du suffrage féminin
Droit
civique récemment accordé, les femmes ont apprécié son exercice de diverses
manières au fil des années. Afin d'appréhender justement cette évolution, deux
critères peuvent être retenus pour l'analyser : le vote de gauche et
l'abstention. Le premier est révélateur d'une évolution idéologique et
sociétale, le second restant la variable de l'implication citoyenne de l'individu.
Le
vote de gauche est considéré comme l'un des indicateurs d'une conception de la
société plus réformiste et "libéraliste" (au sens sociétal du terme).
Par principe confidentielles, les données sont issues des sondages préélectoraux
et de sondages dit "à la sortie des urnes" pour les seconds tours
présidentiels depuis 1958, opposant en 1965, Charles De Gaulle (UNR, droite) à
François Mitterrand (CIR, gauche), en 1969, Georges Pompidou (UDR, droite) à Alain Poher
(CD, centre) en 1974, Valéry Giscard D'Estaing (RI, centre) à François Mitterrand (PS, gauche), sept ans plus tard, François Mitterrand (PS, gauche) à
Valéry Giscard D'Estaing (UDF, centre), en 1988, François Mitterrand (PS, gauche) à Jacques Chirac
(RPR, droite), en 1995, Jacques Chirac (RPR, droite) à Lionel Jospin,
(PS, gauche) puis en 2002, Jacques Chirac (RPR, droite) à Jean-Marie Le
Pen (FN, extrême droite) et enfin
en 2007, Nicolas Sarkozy (UMP, droite) à Ségolène Royal (PS, gauche).
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Pour 1969 et 2002, les deux candidats du second tour étant
des politiques de droite, la gauche est représentée à défaut par Poher et
Chirac.
Comme
premier constat, le vote féminin s'est progressivement tourné vers la gauche. En
1965, les femmes y votent à 39%, soit 12 points de moins que les hommes. Cette
période s'explique par un certain conservatisme des femmes, qui viennent de
découvrir le droit de vote quelques années plus tôt et qui appréhendent avec
inquiétude les revendications libérales pour la société, défendue par la
gauche.
A
compter de 1969, on note un clivage politique moins marqué entre les deux sexes,
et ce jusqu'en 1988. En effet, même si les hommes votent toujours plus à gauche,
la différence se résorbe à 7 points maximum en 1981, avec tout de même presque
50% des femmes votant à gauche. On peut donc dire que Mitterrand a été élu par
les hommes. A partir de 1988,
l'indépendance morale et sociale des femmes a donné de
l'élan à une sensibilisation et une adhésion féminine aux thèses de la gauche :
les femmes ont accordé leur vote à 55% au candidat de la gauche, soit un peu
plus que les hommes et ce, pour la première fois.
Puis
en 1995, seuls 47% des électeurs, hommes et femmes confondus, ont voté à gauche.
C'est qu'en la personne de Chirac, nombre de français se sont reconnus, car il incarnait
une certaine continuité du gaullisme et ce que l'on pourrait appeler la droite
sociale. Pour les présidentielles de 2002, si seules les femmes avaient voté,
le FN ne serait pas passé au second tour. On peut noter clairement un rejet des
thèses frontistes par les femmes.
Enfin
pour 2007, le vote féminin de gauche a été légèrement moindre à celui des hommes.
Alors que les femmes avaient tendance à voter à gauche plus que les hommes, la particularité
de cette élection est l'inversement de cette tendance.
Plusieurs
raisons l'expliquent. D'une part, les femmes sont très critiques à l'égard de
la communication politique, et est d'autant plus sanctionnée lorsqu'elle émane d'une
femme. Ensuite, objectivement et d'après les sondages, les femmes ont été beaucoup
moins persuadées par une présidence féminine, faisant abstraction de la
personnalité intrinsèque de la candidate.
Le
deuxième critère d'appréciation retenu pour l'analyse de l'histoire du vote
féminin est son abstentionnisme (cf. le graphique Les femmes et l'abstention).
Jusqu'en 1969, l'implication
citoyenne était moindre que celle des hommes. Durant cette période d'adaptation
et de familiarisation à ce nouveau droit, on observe une différence de taux
d'abstention de 6 points entre homme/femme.
Le
taux d'abstention de 1969 fait suite au mouvement de mai 68 et à la
contestation à l'encontre de la classe politique, contestation principalement
de gauche d'ailleurs.
Pour
la période de 1969 à 1995, les femmes ont réduit ce qui faisait l'une de leurs particularités, en participant davantage à la
vie politique, avec un taux d'abstention restant toutefois légèrement supérieur
à celui des hommes. Depuis 1995, une participation au vote plus assidue s'observe,
du fait, notamment, d'une plus grande reconnaissance des femmes dans le monde
professionnel. Pour les présidentielles de 2007, on note une participation féminine
moindre que les hommes, et ce pour les mêmes raisons expliquées précédemment
pour le vote de gauche.
Ces
évolutions comportementales peuvent être organisées en plusieurs périodes. Pour
reprendre les travaux de Janine MOSSUZ-LAVAU, Directrice de recherche au CNRS
et chercheuse au CEVIPOF de Sciences Politiques Paris, on peut dégager trois phases
principales.
La première, celle de l’apprentissage, jusqu’à la fin des années 1960. Les femmes se familiarisent avec ce nouveau droit civique, présentant deux caractéristiques : une abstention forte et un vote nettement plus orienté à droite.
La seconde période, celle du décollage, couvre la
période du début des années 1970 à la moitié des années 1980. Le corps
électoral féminin participe plus assidûment aux scrutins et presque autant que
les hommes. L’écart observé sur le vote de gauche diminue en passant au-dessous
de la barre des 10 points.
La
dernière période, celle de l’autonomie, débute durant la seconde moitié des
années 1980. Pour la première fois, les femmes votent à gauche autant que les
hommes. En 1988, lors de la présidentielle, elles votent même plus à gauche que
les hommes. L'abstentionnisme féminin devient également moindre que celui des hommes.
A
la classification de Madame MOSSUZ-LAVAU, une quatrième période est à ajouter,
celle de la distanciation. Phénomène des dernières présidentielles, les tendances
s'inversent : les femmes se sont moins déplacées aux urnes et le vote féminin de
gauche a été affecté.
Plusieurs
études ont tenté de comprendre les raisons de l'évolution du comportement
électoral féminin. Les femmes ont reconnu avoir retenu comme critère sélectif,
le sexe du candidat. En effet, à la question "le sexe du candidat à
l'élection présidentielle est-il un critère sélectif pour vous ?" 27% des
femmes considéraient ce critère comme important, dont 12% pouvant être motif du
rejet de la candidate socialiste. Les hommes étaient 22% à intégrer le critère du
sexe du candidat dans leur choix électif, dont 16% avançaient la probable
raison d'un vote à droite. Le sexe des candidats a donc immanquablement joué un
rôle aux dernières présidentielles, impactant le vote féminin de gauche.
Peut-on parler d'une misogynie féminine intériorisée ?
L'abstentionnisme s'explique quant à lui, non pas par ce qui pourrait être logiquement interprété comme un désintérêt politique, mais par le rejet d'une certaine "peopolisation" de la campagne présidentielle et de ses protagonistes plus soucieux de la gestion de leur image et de l'anecdote, que du programme et de leur conviction politique. L'abstentionnisme a été, particulièrement chez les femmes, l'expression de leur mécontentement.

QUAND LE VOTE FÉMININ
DEVIENT ENJEU POLITIQUE
Analyse qualitative du suffrage féminin
1. Les caractéristiques du vote féminin
Le
vote féminin ne constitue évidemment pas un bloc électoral homogène. Toutefois
de grandes caractéristiques sociologiques peuvent être dégagées en fonction de trois
facteurs : l'accès à l'université, le taux d'activité professionnelle et la
pratique religieuse.
Tout d’abord, l'accès à l'université constitue un
critère caractéristique d'intérêt pour la politique : l'intérêt croît
proportionnellement au niveau d'études. L'enseignement supérieur est, par
essence, un préalable à la formation intellectuelle et laisse transparaître les
mécanismes politiques et fonctionnels de la société. En 1950, sur 125.000
étudiants, les femmes ne représentent que 36% des effectifs. En 1971, elles
deviennent plus nombreuses que les hommes dans l’enseignement supérieur. En 2006,
pour 2.254.000 étudiants, 56,7% sont des femmes (OVE, rapport mars 2006). Le
niveau d'études est globalement facteur d'implication politique et d'un vote
plus à gauche.
La deuxième raison, plus déterminante, tient à leur
entrée massive dans le monde du travail. Les femmes constituaient, en 1954,
34,6% de la population active. Aujourd'hui, elles représentent plus de 47% des
actifs. Leur nombre progresse notamment dans les couches socioéconomiques plus
favorisées, même si par ailleurs, elles sont encore plus nombreuses que les
hommes à être au chômage, à avoir des emplois atypiques et précaires, et de bas
salaires. L’enquête menée pour le Centre d'Etude de la Vie Politique Française, en 1978, pour les législatives, a mis en évidence l’importance du
facteur travail. En effet, plus les femmes sont actives, plus elles sont
engagées politiquement et à gauche. En revanche, les femmes au foyer et n'ayant
jamais travaillé sont plus tentées par un vote de droite. Par exemple, pour l'élection
présidentielle de 1988, 47% des femmes travaillant à temps complet ont voté à
gauche, pour 27% de celles restant au foyer.
Le troisième facteur réside dans la baisse de la
pratique religieuse. En 1952, 52% des femmes étaient des pratiquantes
régulières contre 29% des hommes. Au début des années 1990, cet écart s’est
considérablement réduit, principalement parce que le nombre global de
pratiquants n’a cessé de chuter. Or la pratique religieuse régulière est
associée à un vote conservateur. Aujourd’hui exonérées de l’emprise de
l’Eglise, les femmes n’ont plus de complexes à diversifier leurs votes.
Ces trois facteurs - éducation, travail, pratiques religieuses
- vont dans le même sens, celui d’une plus forte mobilisation électorale et
d’un plus grand engagement à gauche.
A ces critères s'ajoute la variable de l'âge. Parmi
les jeunes (moins de 35 ans), les femmes sont nettement plus nombreuses que les
hommes à voter à gauche, contrairement aux femmes plus âgées qui sont plus
sensibles aux thèses de droite. Il y a là un effet générationnel important lié
notamment au fait qu'une proportion importante des femmes plus âgées se révèle
être catholiques pratiquantes et femmes au foyer et/ou n'ayant jamais travaillé,
critères sociologiques prédisposant un vote à droite. Toutefois, globalement plus
nombreuses à se situer à gauche, elles le sont également chez les
"ni-ni", ni gauche - ni droite.
Enfin, les femmes sont moins sensibles aux thèses des extrêmes, qu'elles soient de gauche ou de droite. En effet, une analyse faite par Janine MOSSUZ-LAVAU révèle les motivations de ce rejet, lors de la présidentielle de 2002. Ce refus de l'extrême droite s'explique notamment par le caractère guerrier du FN et les attaques récurrentes des dirigeants frontistes à l'encontre des conquêtes des femmes, notamment le droit de disposer de leur corps, avec l'IVG ou la contraception. Concernant l'extrême gauche, le ressenti féminin est généralement celui de l'appréhension de l'utopisme. En effet, globalement leur capacité de gestion, de par le rôle familial dans lequel elles ont été confinées durant des décennies, leur donnent une perception particulièrement efficace de la "transposablilité" et application d'actions et de promesses politiques. C'est pourquoi, les femmes votent en grande majorité pour les partis de gouvernement.
2. Les femmes et les sensibilités
politiques
Sur la base d'une enquête réalisée auprès de 151
personnes, reprenant les questions d'un sondage CEVIPOF de 2007, abordant
plusieurs thèmes : sociétal, économique et politique, les conclusions suivantes
ressortent :
Abordant les questions économiques, les femmes sont largement
disposées à reconnaître les bienfaits du libéralisme économique, bien qu'en en
étant légèrement moins persuadées que les hommes (76% contre 78%). La question
du chômage est une question à laquelle les femmes sont plus sensibles et positionnée
comme priorité des politiques à mener, tout comme l'augmentation du SMIC à
porter à 1.500€, sujet de campagne aux dernières présidentielles. Ces positions
sont probablement issues des discriminations professionnelles au travail dont
elles sont ou ont été victimes.
Globalement, les femmes sont peu confiantes en l'avenir.
En effet, la mesure de l'indice de confiance, sondage récurrent dans les médias,
démontre un pessimisme plus systématique chez les femmes que chez le sexe
opposé, qu'il s'agisse de l'avenir de la planète, des conditions économiques, ou
de la confiance envers la classe politique. De même, les femmes sont particulièrement
sensibles aux problèmes de l'insécurité, et plus ferventes demandeuses de
mesures sécuritaires (de manière étonnement significative, 44% souhaiteraient
le rétablissement de la peine de mort, contre 38% des hommes – cette classe de
population étant distinctement constituée de personnes de plus de 35 ans), ce
qui peut se justifier par un sentiment de vulnérabilité. La radicalité de cette
position est surprenante en comparaison de la volonté féminine de pacification
des relations internationales.
Enfin, concernant les thèmes sociaux et sociétaux, les femmes sont généralement plus tolérantes et libérales que les hommes. Deux exemples : les femmes sont plus de 50% à vouloir accorder la possibilité de se marier aux couples homosexuels (contre 43% des hommes) et 83% souhaitent une législation encadrant l'euthanasie. Egalement, en politique, 61% des femmes sont convaincues que les choses iraient mieux si plus de femmes étaient en politique (+10 points par rapport aux hommes) et 63% pensent que la démocratie participative devrait être un mode de gouvernance plus fréquemment utilisé (contre 52% des hommes).

(en rouge : thème
social, en bleu : thème économique, en vert : thème politique)
CONCLUSION
Le poids électoral des femmes, souvent sous-estimé ou
méconnu, est indéniable et répond à plusieurs caractéristiques qu'il serait
inconsidéré de négliger, d'autant que leur assiduité aux urnes se confirme. Les
femmes, représentant plus de la moitié des électeurs français, entretiennent un
rapport subtil avec la politique et aspirent au libéralisme social, tout en
prônant une conception non pas sécuritaire, mais protectrice de la société. Bien
que leur fidélité politique soit relative, les électrices ont tendance à
accorder plus facilement et de manière constante leur vote à gauche aux
dernières échéances électorales.
22 mai 2008
"Happy hours" are over
Pour faire suite à : Nouvelle atteinte aux libertés individuelles ?
http://oxytoyen.canalblog.com/archives/_4___oxy_think/index.html
Ca y est. Les bruits de couloirs laissaient présager cette mesure. Maintenant, nous sommes quasi sûrs que cela va arriver : la fin des Happy Hours (qu'est ce ? : une plage horaire dans les bars surtout, durant laquelle les boissons sont moins chères, généralement entre 18h et 20h).
Pourquoi ? La sacro-sainte lutte contre l'alcoolisme justifie à nouveau une restriction, avec pour conséquence une inégalité sociale supplémentaire. En effet, cette disposition permettait surtout à nombre d'étudiants de pouvoir sortir, se retrouver à un coût moindre. De plus, cette mesure est à mettre en parallèle avec les difficultés des restaurateurs à maintenir leurs chiffres d'affaires (fréquentation en baisse de 30% sur l'année 2007) principalement dû, comme on le sait, à la baisse du pouvoir d'achat. Il est d'ailleurs prévu une manifestation pour contester cette mesure.
12 mai 2008
Nouvelle atteinte aux libertés individuelles ?
Pour faire suite à l'article : A quand le retour des grenouilles ?
Voici à nouveau un exemple parfait des contraintes morales que nous subissons, en ne pouvant qu'acquiescer, car moralement irréprochable.
Je parle de cette obligation pour les cafetiers, restaurateurs, enfin tous lieux au débit de boisson, de mettre en place un éthylotest électronique d'ici le début de l'été.
Cette mesure est prise à chaud par le long week-end de Pentecôte meurtrier sur les routes que nous venons d'essuyer. Cela m'attriste évidemment. Mais peut-il à nouveau justifier l'instauration de nouvelles réductions des libertés personnelles ?
Je répète, je ne remets pas en cause ce type d'initiative, de prime abord, probablement utile. Mais je combats cette infantilisation des individus... tout en responsabilisant leurs actes.
Simple question : en soufflant dans l'éthylotest, celui-ci retiendra-t-il à laisser son empreinte génétique, qui le cas où il s'avèrerait positif et en cas d'accident, permettrait aux assurances de se dégager de leur obligation ? Le restaurateur aura-t-il l'obligation de faire souffler tout consommateur d'alcool ?
Quand cesserons-nous de nous laisser dicter nos manières de vivre ?
11 mai 2008
Les raisons d'une génération désenchantée ...
Nul ne peut remettre en question la notoriété des dessins animés de Walt Disney. Comme nul ne peut remettre en cause la responsabilité de Walt Disney dans les maux psychologiques, sexuels et sentimentaux d'une génération toute entière, celle des 15-30 ans...
La
société est en constante évolution, notamment dans ses rapports entre les
individus et leur conception de la vie amoureuse. Et quoi de plus fondamental
pour l'individu que de se positionner à ce niveau, bien avant même que sur le
plan social ou professionnel.
Au fil des années, de nombreux schémas sont devenus possibles pour vivre sa vie : vie de couple et mariage, célibataire, amant, colocation, union libre... On ne peut que se réjouir de cette libéralisation des mœurs. La liberté de choix est sans commune mesure préférable aux dogmes ancestraux défendant la vie de couple comme seul schéma acceptable, inévitablement familial. Auparavant les célibataires étaient suspectés d'anormalité. Qui a dit qu'il fallait être en couple pour être heureux ?
Pour
faire simple, imaginons la scène.
Nouvellement créé, je me rends au
Centre d'Information et d'Orientation Personnelle (inspiré des Centres
d'Information et d'Orientation, pour les jeunes sur le plan professionnel). Un
conseiller me reçoit et me fait remplir une feuille, sur laquelle une flopée de
questions particulièrement intimes. Je me suis senti très mal à l'aise au
début, je l'avoue.
Je commence. Dans quel cadre
souhaiteriez vous évoluer ?
Catégories : Vie de couple, PACS, union libre, célibataire,
amant/maîtresse, autres
Quel partenaire ?
Sexe opposé, même sexe, indéfini, ne
sais pas, autres
Puis une série de sous catégories
étaient proposées : fidélité, épanouissement sexuel, épanouissement
sentimental, mariage, parentalité, nombre de partenaires souhaités, etc.
Donc au bout d'une heure d'entretien,
j'avais le choix entre deux possibilités...
Et j'ai fait part au conseiller de
l'ambivalence entre ce à quoi j'aspirai et ce qui m'était dicté inconsciemment...
Il me regarde, regarde ma fiche, et me dis "c'est normal, vous êtes de la
e d'âge perturbée".
Je lui demande pardon et de m'expliquer
la raison de cette remarque. Il me semblait beaucoup moins sympathique qu'au
début.
Puis, il me dit d'un ton assuré :
"C'est pas de votre faute, mais celle de Walt Disney".
Surpris, il m'explique.
Quand je suis sorti, même si je n'étais
pas plus avancé, mais j'ai compris certaines choses.
Cette
histoire (fictive, si jamais ...) montre la multitude de combinaisons possibles,
mais pour une génération principalement : les actuels 20-30 ans, avec de
probables débordements sur les plus jeunes. Pour les plus âgés, il est plus
difficile d'envisager des schémas trop "originaux".
Cette
génération "perturbée", celle même qui commence à s'investir dans une
relation, a effectué ses choix pour l'avenir, se trouve confrontée à un dilemme
digne de Shakespeare, entre les "options proposées et que je souhaiterai
retenir" et les "options que je pensai vouloir et qu'après réflexion,
ne me correspondent pas".
Pourquoi,
ne pas simplement opté pour ce que l'on aimerait ? Et bien la réponse est
simple, nos idéaux personnels sont fortement inspirés, voire formatés par les
schémas familiaux (dont on se détache bien plus volontiers depuis des années)
et les schémas des dessins animés de Walt Disney.
Cette seconde explication peut paraître originale. Sans contester la popularité des films et le fait que nombre d'enfants connaissent chacun des personnages, nous allons rapidement regarder les évolutions de scénario.
Première phase :
- Jusqu'à la fin des années 1950
- Dessins
animés : Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle au Bois Dormant...
Les scénarii utilisent des personnages aux destins
magiques. Il est question de princesses, de châteaux, de royaumes... Les
personnages sont humains, les héros "conventionnels" et ils évoluent conformément
aux schémas sociaux de l'époque (famille, mariage...), dans un environnement plutôt
réaliste (outre Fantasia).
- Jusqu'à la fin des années 1970
- Dessins
animés : les 101 Dalmatiens, les Aristochats...
Cette phase peut être considérée comme plus légère de
par les thèmes abordés et les aventures des protagonistes. Les personnages sont
des animaux. Leurs quêtes et aventures sont plus altruistes et les histoires
amoureuses moins centrales. Le spectateur est toujours bercé dans un monde
enchanté où les méchants sont rapidement identifiés.
- Jusqu'au milieu des années 1990
- Dessins
animés : La Belle et la Bête, Aladdin, La Petite Sirène ...
Cette période est un compromis entre les deux
premières phases avec un retour au féerique et des intrigues amoureuses
centrales. Les animaux sont beaucoup plus présents. Cette phase est celle qui a
été la plus personnalisée, car toujours la dimension féerique, respectant les
schémas sociaux et amoureux types.
- Jusqu'au début des années 2000
- Dessins
animés : le Bossu de Notre-Dame, Mulan ...
Période la plus courte mais aussi la plus grave. Les
scénarii sont plus lourds et abordent des questions plus délicates, comme le
travestissement de Mulan, l'acceptation de sa situation par Quasimodo, des
scènes un peu plus dures, plus "violentes", montrant l'homme moins
bon, la fin pas telle qu'espérait ... Mais toujours des histoires d'amour, et plus
difficilement envisageable.
- Jusqu'à aujourd'hui
- Dessins
animés : Monstres et Compagnie, la Ferme se rebelle, Ratatouille, Cars
Les histoires sont beaucoup plus légères à nouveau. La
fonction divertissement est revenu comme pour la deuxième période. Il y a beaucoup
moins d'histoire d'amour, et apparition des héros animaux et/ou objet. Avec des
mondes plus féeriques, moins graves, et ou le destin des personnages est
moindre (hormis Frère des Ours). De plus, correspond à la nouvelle génération de
dessins animés en 3 D.
Et c'est justement cette génération qui a été la plus réceptive à la période, dite "classique" où les films avaient des intrigues essentiellement amoureuses avec des héros aux personnalités stables et aux volontés claires, aux happy end, avec mariage et enfants.
C'est
alors, que pour cette génération, les aspirations se calquent à ce qui était
représenté comme un idéal auquel il faudrait tendre.
Pour
en revenir à cette génération "perturbée", l'impact de Walt Disney
est évident en partie responsable des tortures psychologiques, rendant chaque
rupture un psychodrame, chaque déception une remise en cause cornélienne.
Car
nous savons avoir la possibilité d'opter pour des schémas plus adaptés à notre
mode de vie personnelle, mais nos idéaux disneyiens nous restreignent dans
l'acceptation d'une telle situation. Il y a une autocensure.
10 mai 2008
A quand le retour des grenouilles ?
Encore
une nouvelle règle sociale récemment édictée, qui se rajoute à une armada déjà
bien garnie ... que celle de manger cinq fruits et légumes par jour. Dans le
principe, la démarche est louable. Effectivement, il faut manger sainement.
Mais, quelle part est laissée à l'individu dans ces choix quotidiens ?
Je
vais resituer le contexte. A mon sens, la France et l'Europe en générale, est en pleine
révolution sociale, notamment au regard d'un critère autrefois fondamental dans le
rapport de l'individu à la religion et le cadre social que la religion imposait.
La
désaffection religieuse est en France plus que consommée. En effet, les
français se détournent des paroisses, par désaffection, pour des
raisons personnelles, en tout cas relayée par l'institutionnalisation d'un principe bien
ancré en droit français : la laïcité.
Et
quand bien même les églises et autres lieux de culte sont fréquentés, il s'agit
bien d'une visite touristique de notre beau patrimoine ou alors d'une cérémonie
traditionnelle (baptême, mariage...). Les termes "cérémonie
traditionnelle" et non "cérémonie religieuse" sont justifiés.
Prenons l'exemple du mariage. Les futurs époux passent devant Monsieur le Curé, plus motivés par une pax familia, avec la pression, parfois
névrotique, d'instances et conseils familiaux (que les futurs apprécieront éventuellement
avec une dimension romantique), que par une réelle foi religieuse.
C'est
donc, il faut le dire dans une société honteusement hérétique que nous évoluons,
dans laquelle la religion chrétienne (sans froisser les croyants) constitue
plus un héritage culturel, légitimant le maintien des jours fériés par exemple...
que le cadre social d'antan. J'imagine déjà certains me rappeler l'importance
des percepts religieux. Je leur répondrai qu'il n'est pas indispensable d'être
croyant pour intégrer et prôner le fait de ne point tuer, d'aimer et chérir ses
parents et de ne pas mentir... Je fais attention à mes joues cependant.
Toutefois,
non content de nous être aliénés, nous assistons actuellement à un retour de la
religion.
Je
m'explique. Toute d'abord, j'utiliserai plus le terme spiritualité. Dans notre
société, où tout va plus vite, tout est plus complexe, tout est plus pollué...
l'homme a eu tendance à stresser, à se perdre. Nous avons trouvé une solution. Ce qui était décrié comme un
phénomène de mode est devenu, maintenant véritablement ancré dans nos sociétés,
notamment française, à savoir la zen-attitude.
A ce mode de vie se rattache l'hygiène alimentaire, sportive, mentale,
sexuelle... Je n'en ai que pour preuve la floraison des "Point soleil",
des cours de yoga, des aliments bio, des produits relaxants... La zen-attitude est bien plus qu'un mode de
consommation, il est un mode comportemental, philosophique et spirituel. Nous
avons tous dans notre entourage un végétarien, un "yogiste", un
utilisateur de crème BodyShop revitalo-rafermisso-rajeunissante mangeant une
tranche de pain de mie aux céréales bio de chez Naturalia avec du beurre aux oméga 3 (ironie)
...
Cette philosophie de plus en plus commune, et je dirai même pratiquée, remplace d'une certaine manière le cadre religieux d'autrefois, en portant sur d'autres aspects de nos comportements. C'est pourquoi, les fumeurs, peu sportifs et aimant le vin frôlent le déclassemement statutaire d'honnêtes gens en individu vicié, voire vicieux. C'est avec plus de légèreté toutefois et même avec sympathie que je ressens cette vague zen-attitudienne.
Où
je veux en venir ?
C'est
en surfant sur cette vague de reconcentration personnelle, "d'individualisme
sain" pour reprendre les termes d'un sociologue dont j'ai oublié le nom
(légitimant ainsi cette odieuse nature humaine individualiste), que naît une manipulation
politique insidieuse de notre société. Je dirai même que nous assistons à une
déresponsabilisation, une infantilisation, une moralisation repente de notre société.
Et
comme l'individualisme est une donnée incontestable, il n'y a plus d'opposition
idéologique populaire claire et organisée pour contrer ce qui se profile.
Je
commence par donner une liste non exhaustive d'exemples. Il suffit de citer
l'interdiction de fumer dans les lieux publics, l'obligation de mettre des
vignettes "ne pas boire pour les femmes enceintes" sur les bouteilles
de vin, les publicités pour la pratique du sport, pour manger cinq fruits et
légumes par jour, les régulateurs de vitesse et pose d'alcotest au démarrage
dans les automobiles, la multiplication des chartes éthiques, du consommateur,
d'hygiène, du malade, de l'élève... les futurs et probables interdictions de
sites porno, les sanctions à l'encontre des prostituées, le guide de
l'utilisation du téléphone portable, la lutte contre le téléchargement... (je m'inquiète un peu pour Philip Morris, Absolut Vodka et Samsung).
Entre parenthèses, je mentionne juste l'atteinte à outrance aux libertés individuelles, mais j'en parlerai une autre fois. Simple question : pourquoi je ne pourrai pas consulter des sites porno en toute quiétude ? ... Parce que la pédophilie existe... Et que sans chercher à l'excuser, ni amoindrir les moyens mis en place pour l'éradiquer, c'est bien entendu avec cette argumentation avancée par le gouvernement que je ne pourrai plus regarder de porno... Est-ce justifié ? D'autres moyens seront utilisés par ces prédateurs... Soit ainsi.
Attention,
je ne conteste pas l'essence de ces dispositions pour la majorité, ni les
motivations pour leur instauration, mais les conséquences à moyen terme.
C'est
donc l'avènement de l'assistanat et l'infantilisation par la moralisation de
nos comportements que je remets en cause. Nous sommes dans une société qui
uniformise les codes, les consommations, les vies en somme.
Donc,
sur la base et en corrélation avec un mode de vie sain, la zen-attitude, on justifie la mise en place de normes, tout aussi
légitimes, mais au détriment de la libre appréciation
individuelle. Je pense être capable de savoir ce qui est bon ou non pour moi,
ce dont j'ai envie ou non de faire (sans déranger autrui, cela va de soi). Le
risque est qu'à terme, à coup de réduction des libertés, d'encadrement, nous
nous verrons vivre dans une société uniforme, complexée et moralisée à outrance.
De
plus, autre réflexion lancée pêle-mêle. C'est tout de même étonnant de s'être détourné
de la religion et d'assister à une autre forme de structuration sociale, alors
même que l'on s'y réfère lorsqu'il est des questions dite éthiques (débat suscité pour
le PACS, question de l'homoparentalité, de l'euthanasie, de la légalisation des
drogues douces...).
C'est à ces constats que je souhaitais aboutir. Je n'ai malheureusement pas prétention à proposer une solution maintenant, mais j'y travaille. J'arrive même à me poser parfois la question de savoir si le cadre religieux d'autrefois n'était pas plus facilement gérable et permissif ?
