03 octobre 2009
Le traité de Lisbonne a recueilli 67,1% des voix en Irlande
:)
Manque la Pologne et la République Tchèque...
02 octobre 2009
La réforme des Institutions européennes sera "traitée [de Lisbonne]" demain
Plus d'un an après avoir rejeté le traité de Lisbonne,
les Irlandais sont à nouveau consultés par référendum ce vendredi.
Tous les principaux partis irlandais soutiennent
cette fois-ci le traité, excepté le Parti Libertas, du milliardaire irlandais
Dyclan Ganley. Ce parti avait partagé sa bannière avec Philippe DE VILLIERS,
souverainiste français du MPF et Frédéric NILHOUS du Parti Chasse Nature pêche
et Traditions (CNPT), lors des dernières européennes de juin.
Libertas, parti encore influent en juin 2008, lors du
référendum en 2008, s'est depuis effondré et n'a recueilli aux Européennes de
juin 2009, qu'un ridicule 3,1%.
Explications : depuis un an, le "Tigre celtique"
traverse une grave crise économique et financière, et le sentiment des
électeurs à l'égard de l'UE a changé. En effet, plusieurs milliards ont été prêté/donné
aux banques irlandaises, qui a permis au Pays d'éviter la banqueroute. Le poids de la reconnaissance bat son plein. De plus,
europhiles convaincus, les Irlandais ont conscience de susciter les interrogations,
méfiances et espoirs de leurs partenaires européens, dont le poids de la
rénovation des institutions européennes dépend de ce vote…
En juin 2008, les Irlandais avaient rejeté à 53,4% le
traité, censé améliorer le fonctionnement institutionnel d'une Union élargie à
27. Le "oui" devrait s'imposer (sondages de lundi = 55% pour). Mais,
il ne faut pas préjuger des résultats…
Suspens levé demain soir…
18 janvier 2009
Gaza : décryptage provisoire de l’opération « Plomb durci »
Le gouvernement israélien a lancé contre le Hamas la plus intense opération militaire dans la Bande de Gaza, son bastion historique, depuis la guerre des Six-Jours (1967). Il lui impute la responsabilité de l’escalade de la violence armée après la non reconduction d’une trêve bilatérale de six mois et la multiplication des provocations balistiques sur son territoire. Tsahal a déclenché l’opération « Plomb durci » le 27 décembre 2008. L’armée de l’air et la marine ont d’abord mené des frappes ciblées contre les infrastructures et les personnels du bras armé du Hamas (les Brigades Izzedine al-Qassam) mais aussi contre ceux des institutions politiques, sociales et religieuses contrôlées par lui : ministères, forces de sécurité, casernes de police, universités, mosquées, studios de télévision, etc. L’armée de terre a ensuite mené dans l’enclave une offensive terrestre avec l’appui de l’artillerie et de l’aviation.
Il est toujours difficile d’analyser à chaud un conflit armé tandis que le « brouillard de la guerre » est encore épais. Surtout lorsqu’en l’espèce les buts de guerre des belligérants reste délibérément flous et qu’il s’agit d’un conflit de légitimités dans lequel la gestion et la manipulation des perceptions, par des manœuvres plus ou moins psychologiques, façonneront in fine l’image du « vainqueur » – c’est du reste la raison pour laquelle Tsahal opère à huit clos médiatique en interdisant aux journalistes étrangers de reporter du champ de bataille. Au terme de la deuxième semaine de l’opération « Plomb durci » et après un bref rappel historique, nous nous contenterons donc d’envisager les buts des protagonistes du conflit armé puis les effets contreproductifs de l’escalade de la violence.
BREF RAPPEL HISTORIQUE
Le conflit israélo-palestinien oppose
deux nations qui poursuivent des buts perçus par elles comme
incompatibles : le contrôle d’un même territoire, celui de l’ancienne
Palestine à l’exclusion de la Transjordanie. Des « paramètres de
Clinton » (décembre 1999) à « l’initiative de paix arabe » (février
2002, relancée en mars 2007) en passant par la « feuille de route »
(juin 2003), les précédentes modalités de règlement du conflit ont
toutes échoué.
Ce conflit est compliqué par les multiples dynamiques conflictuelles qui s’enchevêtrent dans la région. Actuellement, un clivage saillant oppose les gouvernements « pro-occidentaux » (l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et l’Autorité palestinienne du Fatah) aux « anti-occidentaux » (l’Iran, la Syrie et leurs délégués armés non étatiques, le Hezbollah libanais chiite et le Hamas palestinien sunnite).
Né au début de la première Intifada (1987), le Mouvement de la résistance islamique, ou Hamas, s’est développé au fil des échecs du processus de paix israélo-palestinien (1993-2000) puis s’est enraciné dans la société gazaouie pendant la deuxième Intifada (2001-2003). Son idéologie se trouve au carrefour du nationalisme palestinien et du fondamentalisme islamique.
A l’été 2005, le premier ministre israélien Ariel Sharon avait désengagé unilatéralement Tsahal de la Bande de Gaza. Mais l’emprise israélienne sur l’enclave n’avait fait ensuite qu’évoluer d’une occupation à un siège, Israël conservant le contrôle des frontières, de l’espace aérien et des approvisionnements (eau, électricité, etc.) de Gaza.
Le conflit territorial israélo-palestinien s’est doublé d’une lutte de factions intra-palestinienne, pour le contrôle du pouvoir au sein de l’Autorité palestinienne, entre les laïques du Fatah et les islamo-nationalistes du Hamas depuis que ces derniers ont remporté les élections législatives de janvier 2006. Après un éphémère gouvernement d’union nationale au printemps, le Hamas s’est emparé en juin 2007 du contrôle de la Bande de Gaza par un coup de force (qu’il avait précipité pour préempter un projet de putsch par le Fatah armé et entraîné par les États-Unis). Depuis lors, les Territoires palestiniens sont divisés en deux entités politiques : le Hamas contrôle la Bande de Gaza à partir de la ville éponyme ; le Fatah contrôle la Cisjordanie à partir de Ramallah.
Le Hamas et le gouvernement israélien se rejettent l’un l’autre. Le Hamas nie le droit à l’existence d’Israël ; sa Charte fondatrice prévoit toujours formellement la destruction de l’État hébreu et le remplacement de l’Autorité palestinienne par un État islamique. De son côté, le gouvernement israélien ne reconnaît pas la légitimité du Hamas ; en septembre 2007, il a qualifié le gouvernement de Gaza d’« entité ennemie » ; il négocie toujours avec lui via l’Égypte, mais jamais directement. De leur côté, les États-Unis et l’Union européenne qualifient le Hamas d’ « organisation terroriste ». Ils posent trois conditions à sa reconnaissance : le renoncement à la violence, la reconnaissance de l’État d’Israël et l’acceptation des accords conclus par l’Autorité palestinienne depuis 1993. Les – rares – échanges informels empruntent le canal d’interlocuteurs tiers comme l’Égypte, la Norvège, le Qatar, la Russie, la Syrie et la Turquie. La plupart des gouvernements arabes, dits « modérés », perçoivent dans le Hamas une menace à la stabilité de leurs régimes. Au contraire, les gouvernements iranien et syrien, dits « radicaux », le soutiennent politiquement, financièrement et militairement.
L’opération « Plomb durci » est le 7ème conflit armé israélo-arabe (1948, 1956, 1967, 1973, 1982, 2006, 2009) et le 4ème israélo-gazaoui (1948, 1956, 1967, 2009). Ni le Hamas ni le gouvernement israélien ne se satisfaisait du statu quo ante bellum. Chacun percevait un intérêt à sa modification par la force. Aux « provocations » du premier pour escalader le conflit (« provocations » toutefois relatives si l’on considère que l’incursion de Tsahal dans Gaza le 4 novembre 2008 avait déjà, de facto, rompu la trêve), le second a donc répondu par la force armée. Tous deux escomptait par-là des gains à la fois externes (ou diplomatico-stratégiques) et internes (ou politiques).
LES BUTS DU HAMAS
Au niveau diplomatico-stratégique, le Hamas cherche à acquérir un début de reconnaissance diplomatique formelle, à devenir une force politique – donc un interlocuteur – incontournable pour la résolution du conflit israélo-palestinien et à extraire des concessions diplomatiques – l’assouplissement voire la levée du blocus israélien, l’ouverture par l’Égypte du poste de frontière de Rafah.
Il essaie de délégitimer le gouvernement israélien et de décrédibiliser Tsahal. Il rappelle l’absence de bénéfices de la trêve pour les Gazaouis : ni levée du blocus terrestre et maritime israélien, ni libération de prisonniers. Il met en exergue l’impossibilité d’administrer un territoire assiégé. Et il survit tant bien que mal à la puissance militaire conventionnelle d’une armée pourtant réputée invincible.
Parallèlement, il tente de disqualifier les doubles standards des gouvernements occidentaux comme arabes « modérés », et de les forcer à se distancier de leur homologue israélien. Sa seule existence incarne symboliquement l’échec de la stratégie occidentale consistant à l’ostraciser diplomatiquement et financièrement au profit du Fatah, tout en soulignant l’impossibilité d’administrer un territoire assiégé privé des subsides internationaux réalloués à son seul rival interne. Et il pressurise les puissances régionales et internationales en mobilisant par la sympathie le soutien de leurs opinions publiques.
Au niveau politique, les islamo-nationalistes du Hamas cherchent à prévaloir sur leurs rivaux laïques du Fatah dans la lutte pour le contrôle du pouvoir au sein de l’Autorité palestinienne, et à toucher les dividendes électoraux de l’extraction de concessions diplomatiques. Au minimum, ils cherchent à retrouver une place dans un gouvernement d’union nationale.
Le Hamas est une institution à la fois sociale et politique réputée intègre. Il avait remporté les élections législatives de 2006 sur un programme comprenant la lutte contre la corruption et le clientélisme ainsi que l’amélioration de la vie quotidienne de la population. Or, les conditions de vie des Gazaouis se sont régulièrement détériorées depuis, et à une vitesse accélérée après le coup de force de 2007. Pour ménager sa base, le Hamas détourne donc son attention des problèmes internes en rompant une trêve bilatérale d’autant plus politiquement intenable qu’elle n’avait apporté aucun bénéfice concret.
Simultanément, le Hamas s’applique à discréditer le Fatah. Il restaure son statut d’unique lutteur pour la « cause palestinienne » en se présentant comme détenteur du monopole de la résistance armée contre « l’ennemi sioniste », et en ancrant la perception que « l’ennemi intérieur » capitule impuissant devant l’État hébreu pour « brader la paix » (il est engagé dans le processus de négociation politique), voire en est le complice objectif tant il reste inerte face à l’intervention militaire israélienne.
Enfin, le Hamas retrouve une cohésion interne. L’enjeu de la reconduction de la trêve bilatérale avec Israël avait réactivé le clivage entre pragmatiques modérés (qui étaient favorables à la reconduction) et idéologues radicaux (qui appelaient à reprendre la lutte armée). Non seulement l’offensive israélienne resserre les rangs du mouvement, mais encore cette cohésion retrouvée renforce sa capacité de négociation politique comme diplomatique.
LES BUTS DU GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN
Au plan diplomatico-stratégique, le gouvernement israélien cherche à anéantir la capacité et la volonté de nuire du Hamas, ainsi qu’à entamer sa légitimité et son contrôle politique sur Gaza. L’opération militaire se poursuivant, nous ne pouvons toutefois pas exclure un objectif de guerre totale : l’éviction du « gouvernement » du « premier ministre » Ismaël Haniyeh.
L’armée israélienne s’efforce de créer un « nouvel environnement sécuritaire ». Elle dégrade l’appareil militaire du Hamas : ses centres de commandement et de contrôle, ses capacités de frappe (notamment les sites de fabrication, stockage et lancement des arsenaux de roquettes et de missiles), etc. Elle démantèle le système d’approvisionnement du mouvement, principalement son réseau de tunnels subfrontaliers qui sert à la contrebande des armes et des explosifs (acheminés d’Iran via la Syrie) ainsi qu’au déplacement clandestin des activistes. Elle restaure vis-à-vis des acteurs armés non étatiques de la région sa force de dissuasion écornée par la résilience du Hezbollah libanais à l’été 2006 (1). Et elle grignote un peu de profondeur stratégique sur l’arrière-cour gazaouie.
Le gouvernement israélien espère que le peuple de Gaza imputera in fine la responsabilité des pertes civiles et des destructions d’infrastructures à l’impéritie de ses gouvernants incapables d’administrer une collectivité, et qu’il se persuadera de la nécessité de changer de représentants, par les urnes ou dans la rue.
En réagissant avant le 20 janvier 2009, le premier ministre Ehoud Olmert savait par ailleurs pouvoir compter sur le soutien inconditionnel du président américain sortant. La rhétorique de George W. Bush, amalgamant activistes du Hamas et djihadistes d’al-Qaïda dans une même « guerre contre la terreur », a toujours nourri l’idée légitimante d’un combat solidaire des Occidentaux contre une menace globale à leurs intérêts stratégiques. Concrètement, le 43ème président américain a bloqué aussi longtemps que possible les initiatives diplomatiques internationales au sein du Conseil de sécurité des Nations Unis ; et si les États-Unis se sont finalement abstenus lors du vote de la résolution 1860, c’est parce qu’elle était proposée par le Royaume-Uni et qu’elle appelait à un cessez-le-feu immédiat mais non au retrait immédiat des forces israéliennes de Gaza. Du reste, Olmert épargne ainsi à Obama un encombrant cadeau de bienvenue : la délicate gestion publique d’une nouvelle intervention militaire de son allié stratégique.
Jusqu’à ce que la pression diplomatique internationale devienne insoutenable, le contraignant à faire taire les armes, le cabinet de sécurité israélien va donc capitaliser sur son avantage militaire pour modifier favorablement le rapport de forces sur le terrain, de sorte que soient créées les conditions psychologiques et sécuritaires d’une solution politique avantageuse lui permettant de forcer la conclusion d’un cessez-le-feu pérenne et global avec le Hamas, puis de réamorcer le processus de paix en situation de force.
Au plan politique, l’horizon des gouvernants israéliens est borné par les élections législatives de février prochain. Certes, le terrorisme du Hamas n’est qu’un irritant tactique et non une menace stratégique ; la sécurité des intérêts vitaux israéliens est assurée par les traités de paix signés avec l’Égypte et la Jordanie ainsi que par la coopération avec la Syrie. Il n’empêche : le devoir élémentaire de tout État souverain est de garantir la sécurité physique de ses citoyens ; l’attentisme sécuritaire était par conséquent devenu politiquement intenable face aux provocations balistiques du Hamas.
Surtout lorsque le leader conservateur du Likoud, Benyamin Netanyahou, gagnait en popularité en stigmatisant par son vocabulaire intransigeant « l’apaisement » dont faisaient preuve selon lui les partis du gouvernement Olmert, et en allant jusqu’à préconiser d’abandonner le processus de négociation politique avec les Palestiniens. Les partis du gouvernement de coalition – le parti centriste Kadima (dirigé par la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni) et le parti travailliste Avoda (dirigé par le ministre de la Défense Ehoud Barak) – ont donc décidé de toucher les dividendes électoraux de l’activisme martial. Leur popularité a déjà progressé aux dépens de celle du parti d’opposition tant les sondés approuvent unanimement les opérations militaires pendant que leurs responsables politiques maintiennent l’« union sacrée ».
Soucieux de l’héritage qu’il lèguera à la postérité, et finalement loin de se contenter d’expédier les affaires courantes, l’impopulaire premier ministre Olmert a, lui, parié qu’il avait là une opportunité de réapprécier une image ternie par les 33 jours de débâcle militaire israélienne au Sud-Liban.
QUID DES ETATS-UNIS ?
Le président sortant américain a exprimé son soutien à l’opération lancée par Tsahal. Comme le gouvernement israélien, George W. Bush a imputé la responsabilité de la rupture du cessez-le-feu et de l’escalade aux provocations du Hamas. Loin de dénoncer un usage disproportionné de la force par Israël et de l’inciter à retenir sa puissance de feu, il a justifié la poursuite de l’offensive israélienne jusqu’à ce que soient créées les conditions d’un cessez-le-feu pérenne qui modifie le statu quo ante bellum en dissipant la menace balistique gazaouie. En opposant pendant deux semaines leur veto aux initiatives diplomatiques internationales des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, les États-Unis ont accordé un relatif blanc-seing à Israël.
De son côté, le président élu des États-Unis a justifié une prudence confinant à l’attentisme par son devoir de réserve. Si Barack Obama a refusé de s’exprimer sur le conflit avant son entrée en fonction, ses prises de positions antérieures suggéreraient d’interpréter son silence comme un consentement tacite : pendant la seconde guerre du Liban, le sénateur Obama avait soutenu l’offensive israélienne prolongée contre le Hezbollah ; au cours de la récente campagne électorale présidentielle, le candidat Obama avait souligné le droit légitime d’Israël à se défendre pour assurer sa sécurité, et il avait manifesté sa volonté de poursuivre la coopération bilatérale avec l’État hébreu pour le développement d’un système de défense antimissile.
Sauf à considérer que la transition présidentielle américaine revienne à un vide du pouvoir, les présidents sortant et entrant se sont vraisemblablement coordonnés : déjà impopulaire, le président sortant a probablement cherché à s’imputer les coûts diplomatiques et politiques du soutien au gouvernement Olmert pour offrir à son successeur l’opportunité de capitaliser sur une situation qui ne pourra que s’améliorer, avec notamment la conclusion d’un cessez-le-feu.
Quel sera l’engagement futur de l’administration Obama dans la résolution du conflit ? Certes, l’environnement politique du futur président est, par défaut, plutôt pro-israélien. Si elle a choisi comme envoyé spécial pour le Proche-Orient et l’Iran l’ancien négociateur Denis Ross, la future secrétaire d’État Hillary Clinton avait, pendant la campagne présidentielle, qualifié de « naïve » l’idée de dialoguer avec le Hamas. L’origine et la trajectoire personnelle du futur chef de cabinet de la présidence, Rahm Emanuel, font espérer aux lobbies pro-israéliens qu’ils disposeront d’un fidèle relais de leurs idées à la Maison-Blanche. Et le Congrès a récemment voté une résolution bipartisane réaffirmant univoquement la légitimité du droit d’Israël à s’auto-défendre. L’attentisme du président élu pourrait donc annoncer un engagement limité ou a minima.
Mais, sans pour autant remettre en cause le partenariat stratégique avec l’État israélien (la puissance nucléaire reste et restera le premier récipiendaire de l’aide économique et militaire directe américaine aussi longtemps qu’elle continuera, entre autres, de servir de tête-de-pont opérationnelle en Méditerranée orientale), Obama pourrait infléchir la politique israélo-palestinienne des États-Unis dans le sens d’une conditionnalité accrue de leur soutien et, notamment, tenter de persuader son allié de renoncer à la poursuite d’une politique illégale de colonisation. Il pourrait par ailleurs vouloir établir un canal de communication informel avec le Hamas.
LES EFFETS CONTREPRODUCTIFS
Chacun des belligérants avait calculé pouvoir dénouer la situation conflictuelle à son avantage. Néanmoins, tout conflit armé est un système d’interactions complexes caractérisé par l’imprévisibilité et les frictions : au regard des buts poursuivis, la violence armée a déjà généré des effets contreproductifs ; et elle en porte en germe.
Pour le Hamas
Le conflit armé entre le gouvernement israélien et le Hamas est un conflit asymétrique dans lequel l’un veut gagner et l’autre ne pas perdre. Dès lors, le second « gagne » tant qu’il ne perd pas. Toutefois, à moyen-long terme, le conflit pourrait s’avérer contreproductif pour le Hamas.
La division des Territoires palestiniens en deux entités politiques avait déjà compliqué les négociations israélo-palestiniennes et le projet de formation d’un État palestinien. En exacerbant les rivalités de pouvoir intra-palestiniennes, le conflit armé renforce l’hypothèse de la création de deux proto-États palestiniens. Peu viables, la Cisjordanie et Gaza pourraient alors rapidement glisser sous la domination réticente de leurs administrateurs historiques (respectivement la Jordanie et l’Égypte).
Après avoir présenté le désengagement unilatéral israélien de Gaza à l’été 2005 comme la « victoire » de la résistance armée contre l’occupant israélien, le Hamas a tactiquement provoqué Israël jusqu’au déclenchement de l’opération « Plomb durci ». Par-là, il a disqualifié auprès de l’opinion publique israélienne, pour longtemps, la stratégie de Sharon dite « territoires contre paix », voie de résolution du conflit qui apparaît pourtant désormais comme la plus bénéfique territorialement pour les Palestiniens.
Enfin, le conflit a mis en évidence la vulnérabilité du Hamas dans la bande de Gaza. Le Hezbollah disposait au Sud-Liban d’une base facilement approvisionnée par l’arrière via la Syrie. Au contraire, le Hamas opère à partir d’une enclave de 360km² qui fait l’objet d’un blocus terrestre et maritime ; il se retrouve donc dans un cul-de-sac stratégique qui n’offre pas de voie d’approvisionnement alternative. En outre, comparé au Parti de dieu, le bras armé du Hamas reste peu aguerri et mal équipé.
Pour le gouvernement israélien
Tel le phénix, le Hamas devrait renaître de ses cendres : s’il l’affaiblit militairement, le conflit armé le sauve politiquement à Gaza et renforce sa popularité en Cisjordanie. Aux dépens du Fatah dont il accélère l’isolement politique en discréditant la stratégie du dialogue préconisée par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Les hostilités risquent d’exacerber de nombreuses menaces externes et internes à la sécurité de l’État hébreu et à la stabilité de son régime : du déclenchement d’une « troisième Intifada » au soulèvement nationaliste de sa minorité d’origine arabe, en passant par la reprise des attentats suicides, la contagion du conflit à la Cisjordanie, l’ouverture d’un second front contre le Hezbollah libanais et la pénétration de djihadistes d’al-Qaïda dans la Bande de Gaza consécutive à un éventuel vide politique post-conflit.
Le conflit suscite la sympathie des opinions publiques régionale et internationale. Radicalisée, la « rue arabe » délégitime les gouvernements « modérés » et légitime les régimes « radicaux ». Elle stigmatise les régimes des présidents palestinien et égyptien Mahmoud Abbas et Hosni Moubarak comme des complices objectifs d’Israël, le premier parce qu’il proteste mollement contre l’intervention militaire israélienne, le second car il maintient fermé le poste frontière de Rafah après avoir reçu la ministre israélienne des Affaires étrangères quelques heures avant le déclenchement des opérations. Au contraire, elle apprécie les régimes des présidents iranien et libyen Mahmoud Ahmadinejad et Mouhammar Kadhafi comme les porte-paroles des sans-voix désireux de résister à l’État hébreu. La perspective d’une normalisation des relations bilatérales de certains pays arabes avec Israël se trouve ainsi un peu plus compromise.
Le gouvernement israélien perd également « les cœurs et les esprits » des opinions publiques occidentales. Ces dernières sont indignées par la létalité disproportionnée des moyens employés par Tsahal. Evacuant dorénavant toute prise en compte de la légitimité des fins poursuivies par le gouvernement israélien, elles manifestent massivement pour protester contre la poursuite de l’offensive.
Pour les États-Unis
Le conflit confirme la perte d’influence des États-Unis dans la médiation du conflit israélo-palestinien, enterre le processus de paix d’Annapolis lancé en novembre 2007 et sanctionne rétrospectivement le service après-vente diplomatique de la secrétaire d’État Condoleezza Rice.
En polarisant les acteurs régionaux entre « alliés de l’Occident » (l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et l’Autorité palestinienne) et « soutiens du Hamas » (l’Iran et la Syrie), la dynamique conflictuelle régionale hypothèque à plus long terme la politique américaine au Moyen-Orient.
En refusant de nouer le dialogue avec l’« organisation terroriste » du Hamas parce qu’ils craignent que sa reconnaissance formelle apparaisse comme une victoire diplomatique, les États-Unis se privent du levier de la médiation internationale. Il en va de même pour l’Union européenne, alors même qu’elle est le premier partenaire commercial d’Israël (avec lequel elle a rehaussé ses relations bilatérales en décembre 2008) et le premier bailleur de fonds de l’Autorité palestinienne.
CONCLUSION
Au terme de la deuxième semaine de l’opération « Plomb durci », le compte à rebours diplomatique s’accélère. La pression diplomatique internationale monte d’autant plus rapidement que les « bavures » militaires israéliennes indignent les opinions publiques.
Dans l’immédiat, l’acceptation par les belligérants d’un arrêt des hostilités implique de trouver un compromis entre l’exigence de sécurité du gouvernement israélien et les demandes de concessions du Hamas. L’accord devra stipuler l’instauration d’un cessez-le-feu pérenne, l’étanchéification de la frontière égypto-gazaouie à la contrebande d’armes et un retour à l’accord de 2005 sur l’ouverture des frontières de Gaza avec l’Égypte et Israël. Il devra inclure la création d’une force internationale de maintien de la paix chargée, en général, de surveiller la mise en œuvre du cessez-le-feu et, en particulier, de patrouiller le « corridor de Philadelphie ».
L’un des rares effets productifs du conflit pourrait être la victoire du parti travailliste d’Éhoud Barak aux prochaines législatives. Dès lors, après l’entrée en fonction du nouveau président américain, les conditions seraient à nouveau réunies pour une relance volontariste du processus de paix.
Politiquement, le conflit a affaibli le Fatah et renforcé le Hamas dans les Territoires palestiniens. Le premier ne disposera plus du capital politique suffisant pour légitimement réamorcer seul le processus de paix avec Israël. Sortir de l’impasse nécessitera donc de relancer le processus interne de réconciliation nationale palestinienne, probablement sous l’égide d’une médiation égyptienne. Un gouvernement d’union palestinien devra être reformé. Parce qu’il fait partie du problème, le Hamas devra faire partie de la solution.
Au-delà, la voie la plus prometteuse pour résoudre le conflit territorial entre deux nations aux sentiments belligènes – une nation israélienne apeurée et une nation palestinienne humiliée – demeure, concomitamment à la réussite du processus de paix israélo-arabe, la normalisation des relations bilatérales (ce qui implique la reconnaissance du droit à l’existence d’Israël) en contrepartie du retrait des territoires conquis en 1967.
Nicolas Martin Lalande, pour l'Institut Thomas More
23 novembre 2008
Etats-Unis : le parti républicain en panne sèche ?
Par Nicolas Martin-Lalande
Le parti républicain a perdu tous les leviers institutionnels du pouvoir fédéral depuis sa double défaite présidentielle et parlementaire le 4 novembre dernier. La responsabilité de cet échec est moins imputable au candidat qu’au parti, elle est plus collective qu’individuelle. La panne politique du parti résulte de ce qu’il a asséché son réservoir d’idées comme son réservoir d’électeurs.
Un réservoir d’idées asséché
Le parti républicain a asséché son réservoir d’idées d’une part, car il s’est asphyxié intellectuellement et il a trahi ses propres idées dans la pratique. L’asphyxie intellectuelle du parti procède de ce qu’il a tari ses sources d’idées en exacerbant un anti-élitisme confinant à l’anti-intellectualisme (héritage de la "culture war" des années 1960 entretenu ultérieurement par la "redneck strategy") et en mobilisant sur les seuls enjeux socioculturels et les valeurs (l’avortement, les droits des homosexuels, les cellules souches embryonnaires, etc.) aux dépens des enjeux socioéconomiques et des préoccupations quotidiennes (l’assurance-santé, l’emploi, l’éducation, etc.). Le parti s’est progressivement déphasé des enjeux nationaux structurants du moment – la stagnation des revenus du travail, le réchauffement climatique, les évolutions démographiques, etc. Il a été perçu comme le parti "anti-" (anti-immigration, anti-choix, anti-gay, anti-cellules souches embryonnaires, etc.), plus souvent contre que pour, mobilisant par la peur plutôt que par l’espoir. Dans le même temps, le parti n’a pas su juguler les conflits idéologiques rallumés entre ses courants (conservatisme socioculturel, conservatisme fiscal et conservatisme de sécurité nationale) par certains enjeux clivants : interventionnisme ou isolationnisme ; libertarisme anti-impôt ou conservatisme social ? La dernière campagne électorale a confirmé la sclérose intellectuelle du Grand Old Party (GOP). Nonobstant la saillance de l’enjeu économique, alors que les Américains appréciaient Obama pour ses idées et ses promesses électorales concrètes (diminuer la pression fiscale sur les classes moyennes, étendre l’assurance-santé, retirer les troupes d’Irak), McCain a concouru sur sa seule personnalité et s’est révélé incapable d’articuler une doctrine politique cohérente. Dès lors que le candidat républicain s’était contenté d’extrapoler sa propre philosophie morale (individuelle) en guise de philosophie politique (collective), les électeurs pouvaient douter qu’il soit pourvu d’une philosophie de gouvernement.
La trahison des idées républicaines dans la pratique résulte de ce que le parti n’a tenu aucune des promesses de campagne du candidat Bush. En 2000, ce dernier s’était engagé à réhabiliter la responsabilité fiscale, à promouvoir un "conservatisme de compassion", à formuler une politique étrangère "humble" et à rechercher le compromis bipartisan. Mais, une fois au pouvoir, les républicains ont exacerbé l’indiscipline fiscale – sans parvenir pour autant à prévenir la crise financière actuelle –, négligé la gestion de l’après-Katrina, embrassé le messianisme démocratique des néoconservateurs – tout en se décrédibilisant dans la conduite des guerres une fois lancées – et soufflé sur les braises partisanes. Le scandale du lobbyiste Jack Abramoff en 2006 a définitivement ancré l’idée que le GOP avait également succombé aux sirènes de la culture politique de Washington, où compromis rime avec compromission et corruption. Usé par huit années d’exercice du pouvoir, le parti républicain a logiquement perdu la bataille des idées. L’assèchement du réservoir d’électeurs Le parti républicain a asséché son réservoir d’électeurs d’autre part, car il s’est marginalisé socio-politiquement auprès de certains électorats et géographiquement vis-à-vis de certaines régions. La marginalisation sociopolitique du parti auprès de certains électorats vient de ce qu’il a déjà perdu les électeurs des minorités ethniques ou culturelles, qu’il est en train de perdre les électeurs modérés et qu’il pourrait bientôt perdre les électeurs jeunes et les électeurs des banlieues. D’abord, alors que leur part dans l’électorat total ne cesse de croître aux dépens des blancs (1), les Afro-américains, les Hispaniques et les Asiatiques ont voté respectivement à 95%, 66% et 61% contre le nominé républicain à la présidentielle. Ensuite, McCain a été distancé de 21 points chez les électeurs modérés tandis que George W. Bush ne l’avait été que de 9 points. Ses gains chez les "value voters" ont été bien loin de compenser ses pertes chez des modérés échaudés par la perception – aigüe après le choix de Sarah Palin comme colistière – d’un GOP devenu "captif" des "preneurs d’otages" fondamentalistes. Enfin, seuls 34% des jeunes de 18 à 29 ans – c'est-à-dire de l’électorat du futur – et 48% des banlieusards (contre 61% en 1984, 57% en 1988, 52% en 2004) ont voté pour McCain.
La marginalisation géographique du parti vis-à-vis de certaines régions a pour cause le reflux de son influence, de moins en moins nationale et de plus en plus régionale. Au terme des scrutins 2008, l’influence du GOP se maintient dans ses bastions du Sud tandis qu’elle s’effrite partout ailleurs – dans le Northeast, les Great Lake States, la West Coast, les Mid-Atlantic States et même les Western States – et qu’elle a déjà disparu en Nouvelle-Angleterre ! Le GOP n’a pas pris la mesure des changements démographiques de l’électorat, évolutions qui expliquent qu’à vote blanc républicain stable McCain ait perdu certains États remportés par Bush en 2004. Cette étroitesse croissante de la géographie électorale du parti de l’éléphant a elle-même pour cause une myopie stratégique : la concentration des efforts de campagne dans certains États par souci de maximisation des ressources. Inspiré au contraire par la « 50-State Strategy » du président du parti démocrate Howard Dean, le challenger Obama, suivant une démarche populaire, avait décidé de retisser du lien partisan en embauchant des organisateurs dans chaque circonscription pour reconstruire les appareils locaux du parti, et en utilisant les NTIC pour agréger les initiatives locales à l’échelle nationale (e-campagne participative, espace public numérique, etc.).
Bientôt la panne sèche ?
Le parti républicain risque-t-il pour autant de tomber en panne sèche d’idées et d’électeurs au moment où il entame sa traversée du désert politique ? Certes, son socle électoral pourrait encore s’étioler puisque ses segments porteurs (les électeurs ruraux et des petites villes) sont en voie de disparition et que la radicalisation des caucus républicains des deux chambres diminuera un peu plus l’attractivité du GOP. Pis, le parti défait s’entredéchire, dans sa quête post-électorale de responsabilités et d’une relève du leadership national, entre idéologues traditionnalistes et pragmatiques réformistes. Considérant avoir perdu par manque de conservatisme, les premiers préconisent le retour aux fondamentaux ; estimant avoir perdu par excès de conservatisme, les seconds suggèrent au contraire d’ajuster les valeurs conservatrices aux évolutions sociales. Mais cette traversée du désert pourrait n’être ni longue ni inutile. Elle pourrait être brève car, historiquement, à l’exception de Bush en 2002, tous les présidents depuis Franklin Delano Roosevelt (1934) ont perdu des sièges aux premières élections de mi-mandat. Elle pourrait être utile au GOP s’il touchait le fond pour mieux se régénérer. Des oasis politiques existent. Le parti pourrait remplir non seulement son réservoir d’idées – en investissant les think tanks et les universités, en assouplissant son conservatisme culturel, en réunissant ses courants dans une coalition de gouvernement fantôme – mais aussi son réservoir d’électeurs – en élargissant son périmètre électoral, en mettant un terme à l’esprit partisan, en jouant la coopération constructive avec l’administration Obama dans la gestion des sorties de crises. Ironiquement, le candidat malheureux John McCain avait indiqué la voie à suivre en construisant par le truchement du compromis politique des coalitions bipartisanes sur l’immigration (avec Ted Kennedy) ou le réchauffement climatique (avec Joe Lieberman).
30 juin 2008
Mégalomanie européenne

Pour tous ceux qui étaient encore au travail, ils ont manqué un grand évènement : Nicolas Sarkozy est passé sur France 3 pour définir ses priorités pour la Présidence de l'Union Européenne, qui commence ce mardi 1er Juillet, pour 6 mois.
Redonner à l'Europe sa légitimité démocratique
Redonner confiance aux Européens en l'UE. Monsieur "surexcité" souhaite avec tout l'enthousiasme qu'on lui connaît, relever ce défi. Il est vrai que le "non" des Irlandais refroidit et fait revoir à la baisse les prétentions du Président qui souhaitait voir entrer en vigueur le Traité de Lisbonne sous la Présidence Française. Mais, rien de mieux que de réconforter en se braquant sur le refus d'une adhésion de la Turquie dans l'UE. Seul argument avancé par Sarkozy en somme.
Enième attaque contre la BCE
La Banque Centrale Européenne est à nouveau la raison des mauvais résultats économiques français... Comme redonner confiance aux Européens lorsque l'on fustige ces Institutions ? Le Président reproche à la BCE les taux d'intérêt, semble-t-il trop élevé. Mais cela serait méconnaître les mécanismes économiques que de ne pas remercier l'euro de nous protéger contre l'envolée du prix du baril de pétrole (aujourd'hui ayant atteint son niveau record de 143€).
Oeuvrer pour une TVA à taux réduit à 5,5 % dans la restauration
Voilà à nouveau une action qui n'intéresse que les Français. Nicolas Sarkozy oublie que la Présidence de l'UE veut dire représenter et travailler pour le bien de l'UE dans son ensemble et non pas pour le seul bien de la France... bref, il est toutefois vrai qu'un coup de pouce pour ce secteur d'activité serait agréable, mais ne doit pas constituer les seules actions de la Présidence.
Plafonner la fiscalité face à la hausse des prix du pétrole
Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois défendu sa proposition de plafonner la TVA sur les produits pétroliers pour faire face à la hausse du prix du baril. Encore la meilleure façon de se mettre à dos bon nombre de partenaires européens, hostiles à cette mesure.
La mise en place d'une politique d'immigration commune
Quelles mesures ? comment ? Je ne suis pas hostile à toute concertation et remise en question de la sacro-sainte souveraineté des Etats Européens. Mais le sujet devrait à mon sens porter sur des questions bien plus urgentes, telles l'environnement, les droits de l'homme, la justice... La stigmatisation de l'étranger ne peut en rien résoudre les problèmes européens, d'autant plus lorsque l'on connaît les déficits démographiques prévus. L'immigration choisie ? c'est un terme qui recouvre une si perfide théorie visant à vider de ses cerveaux les pays en voie de développement... J'ose penser que le conservatisme et les névroses françaises ne se propageront pas.
La définition d'une politique énergétique commune
Nicolas Sarkozy veut fixer trois objectifs d'ici à 2020 : réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre de l'UE par rapport à 1990, économiser 20 % de l'énergie consommée et amener à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique européenne. Sur les 5 axes de la Présidence, il est bien le seul auquel j'adhère sans aucune retenue.
En conclusion, nous avons un programme creux, soutenu par un Président creux, dans une Europe désillusionnée, devant néanmoins prendre des décisions clefs pour son devenir. Quid de la question de l'Europe de la Défense ? Sarkozy nous a bien fait réintégrer l'OTAN de force... Quid réellement de l'Union pour la Méditerrannée ? Quid de la Politique Agricole Commune (PAC) ? Quid de la réforme des institutions européennes ? Après bling-bling, c'est plof-plof...
19 juin 2008
L'Union Méditerranéenne : objet de désunion
La période de froid franco -allemande est-elle passée ? Le sommet réunissant les deux Pays le 9 Juin dernier mettrait-il fin aux rancoeurs suite à l'annulation de la rencontre Sarkozy/Merkel du 3 Mars ? En efft, Berlin reproche à Paris son unilatéralisme, notamment sur la question de l'Union Méditerranéenne (Union pour la Méditerranée ? Union pouela Méditerrannée ? le concept est encore flou).
Entre les deux amis-rivaux se posait la question de savoir s'il fallait considérer comme participants à cette Union l'ensemble des Etats de l'UE (position défendue par Berlin) ou seulement les Etats Européens du contour méditerranée (concept français cf. carte). La question a été tranchée ce 09 Juin, et les 27 de l'UE seront membres de droit de l'Union Méditerranéenne. Nous ne saurons cependant jamais pour quelles raisons Sarkozy a plié : incapacité du président à gérer les revendications d'une femme, incapacités tout court, pertinence de l'argumentaire allemand... ?
Non, rien de tout cela. Les arguments mis dans la balance par les Allemands se résument simplement à l'accord tacite d'une participation de tous les membres de l'UE (amoindrissant de fait la position centrale de la France, initialement pilier de la nouvelle Union) contre le soutien allemand d'un refus d'adhésion turque à l'UE, argument auquel notre Président est particulièrement sensible, bien plus que ses concepts et idéaux initiaux pour l'Union Méditerranéenne.
Rejet de l'adhésion turque, main-mise sur les reserves naturelles de l'Afrique du Nord, tentative(s) de résolution du conflit israélo-palestinien, aplanissement des relations franco-allemandes... Comment cela s'appelle déjà ? une usine à gaz. Concept humaniste, il est devenu imcomplet. L'Union Méditerranéenne ne sera qu'un enième recommencement de l'histoire, qui sera appelé dans quelques siècles, la Croisade des Temps Modernes.
16 juin 2008
L'Irlande : nouveau frein de l'Europe ?
Les
résultats sont connus, les pronostics vérifiés, la sentence tombée. Mais
pourquoi donc les citoyens européens sont aussi ingrats envers l'UE ?
En
l'espèce, il s'agit de l'Irlande qui, vendredi 13 Juin dernier, a rejeté par un
53,4% sans appel le Traité de Lisbonne. Le Traité de Lisbonne était le plan de
secours au feu Traité Constitutionnel
Européen (TCE), mort suite aux "non" français et néerlandais de 2005,
qui avait plongé l'UE dans une crise identitaire et juridique sans précédent.
L'Irlande était le seul Etat des 27 a devoir organiser un référendum.
Sans
revenir sur les masturbations intellectuelles stériles françaises, stigmatisé
par les extrêmes, opportunistes et autres nationalistes de la nouvelles heure,
le TCE avait été un certain 29 mai 2005, rejeté par l'Hexagone, suivi la semaine
suivante par les Pays-Bas. Ces résultats étaient le fruit d'une double erreur.
La première erreur incombe à l'UE elle-même, de par un manque flagrant de
communication et de pédagogie sur ses institutions, terrain de jeu
des seuls initiés et juristes. La seconde relève des citoyens. En
effet, légitimement mécontents des politiques nationales, les
français n'avaient non pas voté contre l'UE, à laquelle nous sommes attachés,
mais contre le gouvernement de l'époque. La sanction a donc injustement était
portée au TCE.
Le
passé étant, un nouveau volet s'est ouvert notamment grâce à notre Président Sarkozy,
qui a relancé la machine dès juillet 2007 (je le reconnais). Soi dit rapidement, le Traité de Lisbonne ne résulte en rien des pseudos pourfendeurs français "nonistes", qui
promettaient un plan B),
Trois ans plus tard, avec le NON irlandais, plusieurs
questions se posent encore, notamment celle de savoir pourquoi l'UE
n'arrive-t-elle pas à convaincre ? Pour le cas irlandais, les interventions
étrangères ont semblerait-il été très mal perçues par les citoyens gaéliques. Notamment
les commentaires de notre Ministre des Affaires Etrangères, Bernard KOUCHNER,
qui le 9 juin, trois jours avant le vote, lâche "les Irlandais seraient
les premières victimes s'ils votaient non. Ils en ont profité plus
que les autres", avait-il estimé à la radio RTL. Cette interview a eu un
effet dramatique sur l'ile, véritable pain béni pour les nonistes.
Côté irlandais, la culpabilisation et l'angoisse
d'être mise sur la touche par les Vingt-six commence déjà à se sentir. En
effet, dès l'annonce des résultats, le Premier Ministre, Brian COWEN, appelait
l'UE à trouver rapidement une solution commune à la situation. Afin de ne
pas bloquer le processus, nombreux pensent qu'il faudrait réitérer la solution
de 2001, qui avait consisté à adapter le Traité de Nice à certaines
revendications, notamment en soulignant la neutralité militaire de l'Uster. Un
second référendum serait alors organisé.
la Commission Européenne,
Autant
les compassions et compréhensions étaient de
mise en 2001, les grincements de dents et rancœurs contre deux des
membres
fondateurs en 2005, autant la réponse au Premier Ministre a été rapide
et
commune à toutes les capitales européennes ; c'est à l'Irlande de
proposer. De
plus, sur les 27 Etats, 18 ont déjà ratifié le Traité et pratiquement
tous ceux
qui ne l'ont pas fait, viennent de confirmer leur volonté de le faire
par voie parlementaire, dont le Royaume-Uni et l'Italie. Et José Manuel
BARROSO,
Président de
"Puisqu'il est de plus en plus difficile que
tous les pays avancent du même pas, il est probable que la seule chose qui nous
reste est la création d'un Club restreint" a déclaré samedi le Premier
ministre luxembourgeois, Jean-Claude JUNCKER, éminent et influent homme
politique européen.
A 15 jours de la présidence française, Sarkozy
commence à voir ses ambitions européennes s'effriter avant l'heure. Dès demain,
il se rend à Prague, en République Tchèque, pour tenter d'atténuer l'impact
dans ce pays (qui prend la présidence en janvier prochain) du NON irlandais au
traité de Lisbonne et convaincre que l'Europe peut surmonter cette nouvelle
crise. Mais la tâche ne sera pas simple. En effet, l'irritation et la
désaffection des Français pour son Président, se retrouve également partagées
par nos partenaires européens, particulièrement allemands.
Je
me pose la question de savoir si tout doit être demandé aux citoyens ?
Nous
sommes dans une démocratie représentative, et pour des questions aussi
techniques, un grand électeur (englobant toutes les appellations dans
les
différents Etats), n'est-il pas plus disposé à se prononcer ? Sans
évidemment
me positionner comme citoyen particulièrement éclairé, je suis toujours
persuadé encore aujourd'hui, que le NON français est la conséquence de
l'obscurantisme (méconnaissances
et fabulations). Par défaut, l'homme a un naturel conservateur. Par
exemple, le français en 1981 aurait voté contre l'abolition de la peine
de mort si cela le lui avait été demandé. Alors, sans avoir de réponse
à cette question, tout peut-il être demandé aux citoyens ? sans bien
sûr que le vote soit instrumentalisé par les politiques. J'en profite
d'ailleurs pour certifier que la démocratie participative, et j'en
suis persuadé, n'est absolument pas un mode viable et cohérent de
gouvernance. La
démocratie oui, participative, non.
Sinon hasard des choses, le PS, qui avait largement œuvré
pour un semblant de rassemblement ce week-end, voit soudainement refaire
surface la plaie non cicatrisée de la fratricide guerre sur la question
européenne de 2005. Intelligemment la question n'a été que peu commentée. Sauf évidemment
par Ségolène ROYAL (je ne focalise pas) qui estimait samedi que "le vote
de l'Irlande est bien sûr une déception mais maintenant il faut en tirer les
leçons. Le traité simplifié n'est pas si simple que ça et Nicolas Sarkozy a
perdu beaucoup de crédibilité sur la scène européenne avec le "non"
irlandais au traité de Lisbonne [...] C'est lui qui a eu l'idée de ce
traité". Quel commentaire !!! Ségolène, je t'ai tellement défendu,
réveille-toi, ca veut rien dire ...
08 juin 2008
Le voile est levé ... pour l'instant
Pas de voile à l'Université. La Cour Constitutionnelle Turque a annulé le 05 Mai dernier, l'amendement adopté en février dernier par l'Assemblée Nationale, qui autorisait le port du voile à l'Université. Il s'agit d'un revers important pour l'AKP, le parti du Premier ministre Erdogan, islamo-conservateur au pouvoir, à qui les intellectuels et l'armée reprochent de vouloir islamiser la Turquie, Etat musulman laïc.
Cette question du voile joue un rôle central dans la tentative menée par les laïcs, de
dissoudre l'AKP pour mesures anticonstitutionnelles et suspendre de la vie politique 71 de ses membres, dont le chef de l'Etat Abdullah
Gül et le Premier ministre. La Cour constitutionnelle Turque doit se prononcer dans les mois qui viennent
sur la dissolution de l'AKP. Plusieurs dirigeants du parti pensent
qu'elle décidera effectivement l'interdiction et ils se préparent déjà
à créer une nouvelle formation.
Les Américains sont misogynes ...
... à défaut d'être racistes. Philippe Thureau-Dangin a posé la question dans son éditorial de Courrier International. Il en a la réponse.
Car ça y est, Hillary Clinton jette l'éponge. Après plus de 5 mois d'âpres confrontations, les deux camps démocrates tentent de se réunir. Barack Obama se trouve donc sur
starting-blocks pour démarrer la campagne présidentielle contre son adversaire républicain, John Mc Cain, quasiment inexistant ces derniers temps sur les médias.
Après une rapide et discrète entrevue jeudi soir dernier entre les anciens rivaux, le voile n'a pas encore été levé sur la question de savoir si l'ancienne First Lady briguerait le poste pour la Vice-présidence. Présenteront-ils un ticket commun aux élections du 04 Novembre ? De nombreux proches des deux personnalités tentent de convaincre Obama et Clinton d'aller en ce sens. La campagne a été tellement rude, que nombre de leurs supporters respectifs auraient préférer voter républicain que pour l'autre candidat démocrate. Mais il semblerait, à en croire les rumeurs que Madame Clinton soit plus intéressée à prendre la tête de la majorité démocrate, si majorité démocrate il y a.
Nous allons donc voir maintenant si les outsiders US jouent vraiment collectif (cf primaires socialistes françaises). Hillary ! Barack ! Faites nous plaisir, faites que les Etats-Unis redeviennent démocrates.
25 mai 2008
La Vérité sur les JO 2008

